Livres

cinema roussel

Éditions Yellow Now

96 pages. 12x17

 L'univers singulier d'un écrivain rencontre parfois des échos inattendus dans des films qui lui sont a priori étrangers. C'est la thèse paradoxale de ce livre, inspiré par l'œuvre énigmatique de Raymond Roussel, admiré des surréalistes. Révélés de façon posthume, ses procédés d'écriture, basés sur la stricte permutation des lettres, favorisent curieusement un imaginaire visuel féerique et fabuleux.

Si ses livres ne connurent pas d'adaptations au cinéma, leur influence secrète et latente transparaît en revanche, à la manière d'un fil rouge, dans de nombreux films. Il suffit pour l'observer de prêter attention à l'affleurement de figures poétiques chez des cinéastes qui opèrent des courts-circuits entre les mots et les images sous les motifs de la permutation (Buñuel, Greenaway, Ruiz), du rébus (Frampton, Smith, Snow), du double (Chaudouët, Duras, Fitoussi, Rivette) ou de la métamorphose (Maddin, Ottinger, Quay, Švankmajer). D'où l'hypothèse d'un cinéma roussellien, à la croisée de l'expérimentation plastique et de l'invention narrative, caractérisé par une certaine dissipation figurative, quasi pyrotechnique. “Et je me réfugie, faute de mieux, dans l'espoir que j'aurai peut-être un peu d'épanouissement posthume à l'endroit de mes livres”, écrivit Roussel, ingénu, en guise de consolation. Cinéma Roussel se propose d'offrir à l'écrivain un peu d'épanouissement posthume à l'endroit de ses films virtuels.

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Editorial Shangrila

16 x 23 cm. 272 páginas
ISBN 978-84-120027-8-2
Traductora Mariel Manrique

El cine, como el tiempo, se ha salido de sus goznes. Se desplaza y se despliega más allá del dispositivo clásico de proyección: es un flujo en la red; es cine de exposición; es cine expandido. El cine, tal como lo conocimos, ha salido del cine. De la mano de Érik Bullot, la lectura lineal de su historia se fractura y se astilla; con el polvo de plata resultante, se dibuja, a contracorriente, un jardín de senderos que se bifurcan, se entrelazan y alumbran chispas imprevistas. Para Érik Bullot, el cine es aún una promesa: la promesa de devenir arte.

Bullot abandona la teleología y ausculta ese devenir artístico en sus utopías y presagios, sus amnesias y sus síntomas, sus curvas y sus retrocesos. En estas páginas, se sigue el rastro y el fulgor de un filme perdido de Georges Méliès y Hans Richter; Jean Epstein lee a Maya Deren; la vanguardia se gesta, se clausura y retorna a ambos lados del Atlántico; el cine de autor es un proyecto inconcluso y se prolonga en el arte contemporáneo, mientras Godard incendia una fila de vehículos en una película-clivaje (Week-end); Joseph Cornell hace cine en cajas, porque qué otra cosa es el cine sino una caja (de ruinas en miniaturas y melancólicos desechos); el cine prefigura la vanguardia y la vanguardia ya está allí, en el cine (el slapstick de Laurel & Hardy en la experiencia de Fluxus, como un ritornello); el cine de autor deviene instalación (y es Jackie Raynal o Jean Eustache pisando, con entusiasmo o desesperación, un límite); y el cine de exposición comienza a marcar el paso, en los “filmes de artista”, las pantallas múltiples y las instalaciones en las que se disocian los parámetros elementales del cine.

El cine no se acaba. Migra y muta. Y Érik Bullot, teórico y cineasta, hace de este libro una llave, que abre la puerta a la aventura de esa transformación.